30 mai 2007

la nature des mots

Le code pour la nature des mots selon les couleurs utilisées chez Yvette est :

1 - le nom : le grand triangle équilatéral noir.

Toute chose à un nom, on le trouve dans la phrase en posant la question :

Quel est le mot qui indique de qui ou de quoi on parle ?

2 - l'article (le déterminant n'existe pas en montessori !) le petit triangle équilatéral bleu foncé. On le trouve dans la phrase en posant la question :

Quel est le mot qui indique si il y en a un ou plusieurs ?

3 - le verbe est très différent des 2 autres...on présente à l'enfant une balle rouge posée sur un plateau et on lui demande d'apporter le plateau sur la table... la balle se déplace immédiatement d'un bord à l'autre du plateau, peut-être même va t'elle tomber et rebondir. En tout cas elle bouge. On demande à l'enfant de décrire ce qu'il a vu...et on l'aide à prendre conscience en écrivant au fur et à mesure:
on écrit :
La balle roule.
On cherche "quel est le mot qui indique de qui ou de quoi on parle ? "
on place un triangle noir au dessus du mot balle.
On cherche "quel est le mot qui indique si il y a une ou plusieur balle ?
On place un petit triangle bleu foncé au dessus de la
Et "Que fait ...la balle ?"
On place un rond rouge au dessus de roule.
Pour trouver le verbe qui donne l'action...on pose la question "que fait-on ?"

Au début, on propose à l'enfant des phrases qui ne contiennent que des verbes d'action aux temps simples. Les verbes d'états viennent plus tard.

4 - l'adjectif / le grand triangle équilatéral bleu ciel .

Quel est le mot qui indique comment est... "ce dont on parle" ?

On écrit : Le petit chat joue.
On fait chercher les mots qui indiquent de qui ou de quoi on parle:
"chat".
les mots qui indiquent si il y en a un ou plusieurs : "le".
que fait le chat ? "joue"
comment est le chat ? "petit".


Présentation du verbe d'état :
Le chat est petit.
question du nom: chat
question de l'article : le
question du verbe : ..."que fait le chat ?" on ne sait pas. certains verbes ne parlent pas de ce que l'on fait!
voyons la question suivante comment est le chat ?...petit.
Alors il ne nous reste que est. Le verbe ici, c'est "est"
Et bien tu vois, c'est un verbe spécial. On appelle ça un verbe d'état. Les verbes d'état sont des verbes qui ne disent pas ce que l'on fait, ils disent dans quel état on est, ... On met un rond rouge aussi.
On propose deux autres phrases avec le verbe rester et le verbe demeurer par exemple.

Ensuite il n'y a plus de question...

Le pronom est un petit mot (c'est pour cela que la base du triangle est la même que celle du petit triangle de l'article) veut toujours remplacer le nom (le triangle isocèle qui le symbolise est donc aussi haut que le nom !)(entre mes enfants et moi, on l'appelle le monsieur prétentieux)...
On peut l'appeler le "pro" parce qu'il aime remplacer le "nom" d'où son nom...le pronom ! il est violet parce qu'il se prend pour un roi !

on propose une phrase :
La princesse dort.
question du nom: princesse,
question de l'article: la,
question de verbe: dort,

et on découpe [la princesse], on retourne et on écrit au dos elle.
on fait lire à l'enfant.
Elle remplace bien la princesse ?
oui, alors c'est un pronom : triangle violet !
tu vois, elle dort
elle triangle violet.


On étudie la préposition. Qu'entends-tu dans préposition ? On entend "pré" qui veut dire "avant en latin et position. Tu vois la préposition est un petit mot qui se place avant les mots qui nous indiquent la position de quelquechose. On prends une boite et une petite lune verte (à fabriquer en pâte à modeler par exemple) et on écrit :

La lune verte est dans la boite.
question du nom :lune, boite.
question de l'article: la, la.
question du verbe "que fait la lune verte ?" ... est (si besoin, on l'aide "ah ! un verbe d'état tu te rappelles ? celui qui dit dans quel état on est!")
question de l'adjectif : verte

reste dans ... tu vois c'est le petit mot qui indique la position de la lune verte.
Pour que tu t'en rappelles, on mettra dessus une lune verte !

puis on donne d'autres exemples la même phrase est présentée avec la lune verte est sur la boite. on analyse tout, puis, la lune verte est sous la boite. idem on analyse tout.

la conjonction presque en dernier. Conjonction vient de cum en latin qui veut dire avec. et jonction veut dire joindre, mettre ensemble.
La conjonction rassemble des groupes de mots qui se ressemblent, ou même qui sont identiques.
La petite fille et le joli chat dansent.

question du nom : fille, chat
question de l'article: la, le
question du verbe: dansent
question de l'adjectif : petite, joli
reste et : c'est la conjonction qui rassemble les groupes de mots la petite fille et le joli chat .
Plus tard on apprendra à l'enfant à reconnaître les différentes propositions de la phrase et cela prendre encore plus de sens.

L'adverbe enfin.
On fait venir plusieurs enfants. On remet un petit billet à chacun. On leur dit de ne pas dire ce qui est écrit, seulement de le faire. on les place dos contre le mur, et au signal ils font ce qui est marqué sur le papier.
puis on rassemble les 3 papiers.
Il y a écrit :
marche lentement
marche vite
marche très vite.
On analyse que fait on "marche", "marche" et "marche" .Oh, et bien ça alors ! il y a marqué la même chose et vous n'avez pas fait pareil !
Et bien lentement, vite changent le sens du verbe.
très, il change le sens de vite !

Le chat est petit
Le chat est très petit.
analyse de la même façon que d'habitude.
très change le sens d'un adjectif

Donc, un adverbe est un mot qui change le sens d'un...verbe, d'aun autre adverbe ou d'un adjectif.

Voilà c'est tout. Biensûr vous ne faites pas tout le même jour ! Mais avec cela vous avez l'esprit de la démarche de Maria Montessori. Après, il faudra, très progressivement, prendre des phrases de plus en plus complexes.

En quelques semaines, en proposant tous les jours une ou deux phrases et en faisant progressivement les présentations, les enfants savent reconnaitre toutes les natures de mots.

Un petit truc pour ceux qui sont parfois perdus : la nature des mots ne change pas, on la trouve donc dans le dictionnaire !!!

Et pour les fonctions, c'est tout autre chose. Car si votre nature ne change pas: vous êtes toujours une femme ou un homme toute votre vie...par contre votre fonction, elle, dépend de ce que vous faites, et avec qui vous travaillez ! Voilà vous avez l'idée de base, pour le reste ... c'est une autre histoire !

de l'écriture du mot ...au pluriel

Un petit commence à écrire avec le grand alphabet mobile, bientôt il sera prêt à faire le lien entre la lettre du grand alphabet mobile, et celle écrite sur des petits cartons que l'on appelle petit alphabet mobile. Il existe en deux exemplaires, un rouge, et un bleu.

Il commence à écrire en bleu les dictées muettes (il reprend du début, pour bien fixer les bases).

L'existence de 2 couleurs permet de mettre en rouge ce que l'on veut que l'enfant remarque, et qu'il mémorise.

Nous travaillons donc sur des listes de mots (les dictées) dans lesquelles on a mis en rouge le son étudié. Cela l'aide à mémoriser plusieurs mots qui s'écrivent avec la même difficulté. L'enfant essaye d'écrire en rouge le son étudié (un difficulté à la fois...pour ne pas le mettre en échec et le dégoûter). Puis se corrige avec la liste.

On donne à l'enfant lecteur, sur un plateau, deux assiettes sur lesquelles il y a, 1 cube, et sur l'autre 2 cubes, et deux billets [le cube], [les cubes]. L'enfant place les billets en face de chaque assiette correspondante. Puis on marque "un seul" et "plusieurs"...et l'enfant place devant chacune des assiettes.

Plus tard, le vocabulaire des mots utilisés en grammaire est introduit: "singulier", "pluriel".
Vous remplacez les entêtes "1 seul" et "plusieurs" devant l'enfant en plaçant dessus "singulier" et "pluriel", une fois que l'enfant a vécu suffisamment vécu le tri avec "un seul" et "plusieurs ". Le principe est toujours de faire passer progressivement l'enfant d'une notion, un vocabulaire qu'il connait à un vocabulaire plus élaboré, plus précis aussi. Enfin, on placera la notion de "nombre" au dessus sur un grand carton, et on dira, tu vois, quand on cherche si c'est singulier ou pluriel, on cherche le "nombre".

Le principe : Apprendre à écrire le pluriel des mots en même temps que leur orthographe, au moment de leur découverte, bien avant la phrase !!!
Les exercices sont tous avec des pluriels simples au début (un s à la fin). Puis d'autres exercices progressifs sont proposés, où l'enfant va lire des billets et les classer en deux colonnes
L'enfant peut réécrire avec l'alphabet rouge et bleu, en rouge ...seulement ce qui change quand il y en a plusieurs, en recopiant les petits cartons.
Une colonne pour "1 seul" et "plusieurs" (sur 2 cartons, que vous avez préparés et qui servent de tête de colonne ). le carton (ex: [le cube] à coté l e c u b e avec les lettres mobiles (tout en bleu), puis [les cubes] sur un petit carton et l e s (en rouge le s) c u b e s (s en rouge).
L'enfant s'entraine ensuite à écrire tout seul ce qu'il a devant lui préparé sur un plateau (par exemple un cube, il écrit sans modèle (le cube) sur un papier préparé, puis les cubes devant la deuxième assiette contenant deux cubes, sur le papier préparé)

Il y a un travail parallèle sur la notion de féminin. Cela se fait avec des exemples
d'animaux.

suite au prochain numéro !

de l'écriture à la lecture...

La grammaire est proposée par Maria Montessori en même temps que la découverte du mot.

Il y a plusieurs choses à découvrir avec lui, et il faut bien avoir en tête chacune des difficultés pour les présenter séparemment, selon le principe de Montessori : toujours une difficulté à la fois !

Chaque chose a un nom...l'enfant connait le nom de ce qui est présenté sur le plateau.

L'enfant a appris les sons grâce aux lettres rugueuses, puis a appris à écrire.
alors qu'il ne sait pas encore se relire ! A ce stade, il sait écrire sans lire !

Il regarde l'image qui dans sa tête s'appelle bol .... puis il charche à décomposer b..oooo...llll qu'il écrit au fur et à mesure : il sait écrire la suite des sons qui correspondent au mot qu'il se dit. Il retrouve chaque son, dont il se rappelle la graphie qu'il avait travaillé en passant son doigt sur la lettre rugueuse. Ce mouvement mémorisé avec le son et l'mage va l'aider à retrouver chaque lettre. Les lettres du grand alphabet mobile étant la copie exacte mais découpées des lettres qu'il avait touché sur les lettres rugueuses. On peut mettre au début seulement les lettres apprises dans le grand casier qui contient toutes les lettres du grand alphabet.

Il s'entraine ainsi avec les premières dictées muettes.

Le voilà donc, qui parallèlement à l'entrainement de la graphie des lettres cursives, qui apprend à composer les mots avec le grand alphabet (les dictées muettes). Puis vient le moment où il comprend seul qu'il peut lire ce qu'il écrit !(...surtout laissez le, à chaque étape, avoir la joie de la découverte, il ne faut donc pas lui dire...ce qui va se passer, laissez lui un peu de suspense !)
Cela déclenche chez lui une passion pour l'écriture. Biensûr, à ce stade c'est une écriture phonétique, et il n'est pas rare, que dans sa hâte, il "oublie" un son...donc une lettre. Il va pouvoir se corriger grâce aux petits billets de correction qui sont avec les images.

Il utilise l'alphabet mobile, en attendant de pouvoir se sentir assez sûr de lui pour écrire sur une feuille ce qu'il pratique en calligraphie.

09 mai 2007

le sens de l'essence- ciel

L'essentiel ne se transmet pas par l'action, il est dans l'attitude que vous avez et que l'enfant absorbe. A cause de cela, vous ne transmettez pas volontairement. Ce que vous transmettez est une image, une impression forte qui vous dépasse , et que la personne qui est en face va percevoir. Adulte ou enfant, vous aurez réussi, lorsque l'impression, c'est à dire ce que ses sens ont perçu, va provoquer un mouvement en lui. Plus lent et souple est le mouvement, et plus vous pouvez toucher en lui ce qui va non seulement l'aider longtemps, mais surement, à travers l'attitude que vous lui laissez, traverser encore d'autres générations.

Maria Montessori a ainsi transmis, impressionné fortement ma vie, et j'espère que ce mouvement profond va pouvoir continuer à voyager à travers moi, vous, à travers tous ceux à qui je parle et avec qui j'agis avec passion, parce que j'ai reçu le feu, qu'il brûle et que je ne peux garder pour moi sans me consûmer. Feu sacré qui voyage à travers la vie, à travers la foi, à travers le regard des disciples pour leur maître. Encore faut-il distinguer de quel maître ...

Vite, vite, disais le maître, qui avait moins de temps que l'élève.

Seule la vérité de la position intérieure du maitre, permet à l'enfant de se poser.
Biensûr, il est des choses éphémères qui ne sont pas faites pour durer.

Etre, c'est ainsi que le moine m'a appris la vie.
(Je Suis, le Chemin, la Vérité et la Vie)

Et toi, mon Alexandre,
en si peu de temps, tu as pris ton temps.
Quelles leçons j'ai reçu de toi !

ou encore Yvette qui nous rappelait de favoriser :
la lenteur, la maîtrise de soi, et le silence.

Nous recevons tous beaucoup, à nous de savoir reconnaitre,
pour "re-cum-naitre" recommencer à naitre avec,
et puis recevoir pour donner,
puisque tout ce qui n'est pas donné est perdu.

"La connaissance de soi suffit" proverbe japonais

13 mars 2007

Proposition relative !

Ma fille vient me voir...Mmaman je n'y arriverai jamais. J'y comprends rien !

Montre moi (son cahier de texte)...

"La proposition relative complète le nom ( c'est une expansion du nom ) Elle est introduite par un pronom relatif et elle contient un verbe conjugué."
Apprendre la définition et écrire une phrase à partir de celle-ci.

GLOUPS (moi non plus !) ;-o

On sort donc mon matériel Montessori.


J'ai des petits cartons violets dans une boite, marqués chacun de :
qui, que, quoi, dont, où, lequel, laquelle, lesquels, auquel...
avec, AU DOS un triangle violet sur lequel j'ai inscrit : pronom relatif.

Quelques phrases à trou (de la taille des cartons) sur une feuile. Sur une deuxième feuille, les phrases corrigées. (surtout ne mettez pas la correction au dos de la première feuille !)

Marine fait l'exercice seule en manipulant les petits cartons.

Devoir à faire : écrire une phrase contenant une proposition relative.
Elle écrit :
"Il attrape une sauterelle qui bondit dans le jardin."
Moi : "Et ben voilà !"
Elle :"Mais c'est simple il suffit de faire une phrase avec un des pronoms relatif au milieu et de 2 verbes conjugués de chaque coté !"

EUH ... oui ma chérie ! ;-D

Bon, vous n'avez pas un truc pour apprendre par coeur la définition proposée par la maitresse, maintenant ?

Moment Montessori...

Et voilà que mon petit bonhomme s'installe à coté de moi, tranquille.
Il a été chercher ses petits ciseaux et me pique une bande de papier...

Je tourne la tête (reflexe sécurité !???!!!)

Comme c'est beau ! Patiemment, il découpe des petits carrés qu'il fait tomber dans le couvercle ouvert d'une boite ! S I L E N C E .

Mon fils m'éblouit !

Ambiance, ambiance quand tu nous tiens !

12 mars 2007

Bad news...

Je ne suis plus capable de faire l'école pour l'instant. Trop de peine.
Je suis si triste que je n'aide pas les enfants et que ça me fait mal au coeur ... Je les aime trop pour leur faire ça. Ils sont donc retournés à l'école depuis lundi dernier le temps que je refasse surface et que je retrouve patience et bonne humeur.

On ne fait pas Montessori avec la larme à l'oeil et les nerfs à vif !

En attendant, je fait du soutien scolaire avec eux en Montessori bien sur ...pour les devoirs.

Globalement, je suis hyper épatée...Elles sont contente d'être là-bas, elles se sont bien adaptée (je n'ai qu'une semaine de recul...) et l'équipe enseignante a l'air très bien.

Question niveau scolaire ça va bien aussi j'ai l'impression. Pas tête de classe, mais pas dernières non plus.

Voilà... et comme dit Y : "C'est très bien, comme ça vous préparerez bien l'année prochaine, et ça va aller vous verrez!"

Qui sait ce que je ferai l'année prochaine ? Un jour à la fois !

19 janvier 2007

Classification

Hier, j'ai repris avec les enfants les images des animaux et nous avons joué à les classer. Mon ptit coeur a ensuite pris plaisir à les remettre sur le tableau de classification des vertébrés. C'est bon de voir que mes enfants continuent d'apprendre avec plaisir.

Je reprends confiance en moi aussi, en les observant. Je remet les choses à leur juste place. Je nourris mes enfants, j'ai le choix des aliments, et de la façon dont je cuisine pour leur donner l'eau à la bouche...mais ce sont eux qui digèrent, grandissent et mènent leur vie.

C'est bon de voir qu'ils ont faim !

11 janvier 2007

Accepter de vivre...

Cela va mieux ce soir,
...un indice favorable...je commence à repenser à Montessori.
Je me suis surprise à en parler avec passion avec quelqu'un aujourd'hui !

Oui, je vais me relever de ce que je vis.

J'ai parfois peur de choquer les gens parce que je n'arrive pas à pleurer. Pourtant, parfois, seule, je pleure sans pouvoir m'arrêter, et là je pense à ces larmes qui sont incontrolables ! La vie est incontrolable !

J'ai lu aujourd'hui un très beau texte sur internet qui m'a fait comprendre certaines choses. Je vous le partage :

"« On a le sentiment au début, explique Annick Ernoult, qu’on ne s’en remettra jamais. En parlant ensemble, on s’aperçoit qu’en fait on ne veut pas s’en remettre parce qu’on a peur d’oublier. Or, faire son deuil, rappelle-t-elle, ce n’est pas oublier, c’est s’apercevoir qu’on peut parler de son enfant autrement que dans les larmes, c’est se remémorer tout ce qu’on a vécu avec lui pour reconstruire l’héritage qu’il nous laisse. » « Il ne s’agit pas non plus de se consoler, précise Nadine Beauthéac. Quand on perd un enfant, on est inconsolable (on peut apporter son soutien à la personne, mais il faut lui garder son espace où elle est inconsolable). »

Les parents qui traversent cette épreuve ne seront jamais plus « comme avant » : ils changent leur échelle de valeurs, leur façon de voir les choses, ils ont besoin d’expérience fortes, authentiques, les sorties purement sociales deviennent insupportables. Certains sont amenés à quitter leurs amis. Beaucoup changent d’activité, de métier. « Les parents cherchent à donner un sens à leur vie, ajoute Annick Ernoult. Car si la mort d’un enfant n’a pas de sens, on peut donner un sens à sa vie après cet événement-là. » Chacun à sa manière. Un papa informaticien a voulu ainsi travailler dans un hôpital. D’autres vont militer dans des associations de lutte contre le cancer ou contre la violence routière… ou aider à leur tour d’autres parents en deuil…"


Oui, la vie continue, et j'en fait partie !

Merci pour votre soutien précieux ! Votre prière et votre amitié, je le sens , m'aident même dans mon sommeil !

Merci encore à tous !

Flo

09 janvier 2007

reprendre la vie...

Maintenant qu'Alex est enterré ou enciellé, comme vous voulez, il nous faut songer à reprendre le chemin de la vie. Cela va se faire très vite car Mon ptit coeur étant née un 10 janvier, nous avons son anniversaire à fêter !

Et puis trier les photos que j'avais prévu de mettre sur le blog avant les vacances, ...

Mais encore reprendre les maths, comme nous l'avons fait hier avec un petit tableau de proportionnalité fait dans le coin du cahier de recettes de cuisine où nous étions en train de chercher les quantités nécéssaires pour faire un tiramisu .

Faire du français aussi avec une question sur un accord avec le participe passé pour répondre à des enfants amis, rencontrés cet été, qui nous ont écrit pour témoigner de leur solidarité avec nous.

L'école à la maison, dans le cas d'un choc important de la famille, comme nous venons de vivre, donne le temps à chacun de trouver sa façon à lui, bien personnelle de faire le travail de deuil. indispensable.

Mon trésor m'a dit dans son lit, hier soir, combien elle avait besoin de rester encore en école à la maison. Elle m'a dit :
"Tu vois, on avait commencé l'école à la maison pour moi en CP, et à cause du handicap d'Alex j'ai dû retourner à l'école à l'exterieur...Aujourd'hui je n'aimerai pas aller à l'école à l'extérieur parce qu'Alex n'est plus avec nous ! Au contraire, c'est le moment de continuer ce que le handicap d'Alex nous a empêché de faire pendant 3 ans !".

Allez ! au boulot !

Texte de l'enciellement

Chers amis,

Vous êtes venus si nombreux ! Je voudrais vous remercier chacun pour l'immense soutien que vous nous apportez. Merci de votre présence, merci pour les marques d'attentions que nous avons déjà reçu...une quarantaine de personnes sont passées nous voir en deux jours, sans parler des coups de téléphone ! Comment ne pas se sentir soutenus !


"Je voudrais vous parler de ce Dieu qui aime Alexandre. Je voudrais que vous regardiez notre fils avec mes yeux de maman, mais aussi, si cela est possible, j'aimerai vous prêter mes yeux de foi, juste un petit moment.

Alexandre nous a dépassé,
Alexandre a couru vers le Père
et ... nous n'avons pas pu le suivre !

Maintenant, là où il est, il peut nous aider.
Tendrement, comme il l'a toujours fait, il posera ses yeux sur nous, et de sa main il attirera notre attention.

Douceur, tendresse...et surtout détermination, voilà ce qui caractérisait le tempéremment calme d'Alex.

Alex était différent de nous,...oui, car lui, ne savait pas faire autrement que de faire confiance.La tendresse était son carburant. Il avait besoin de contact. Vous avez dû le rencontrer sur mon dos, envelloppé de l'écharpe colorée, ... qui nous donnait l'allure d'une maman africaine et son petit enfant.

Mais il était déterminé aussi.
Sa kiné, l'équipe des hauts de st Roch à la Tour du Pin, celle de la halte garderie de Champfleuri à Bourgoin, et biensûr aussi de celle du SESSAD des goëlettes de l'Isle d'Abeau. Combien ont été marqué par son geste maladroit certe, mais répété avec percévérance jusqu'à ce qu'il réussisse !
Il fallait le voir le matin, trépigner dans l'entrée en attendant son ami le taxi. Il aimait tellement aller retrouver ses copains, son ASEH et sa maitresse de la maternelle de l'Oiselet ! Alex préparait sérieusement son avenir !

Alexandre aimait beaucoup son frère et ses soeurs. Il ne manquait pas de taquiner sagrande soeur, de faire rire son autre soeur, et de jouer si bien avec son petit frère ! Comme il était heureux aussi des cadeaux et de la joie apportée par la venue de ses deux demi-soeurs et leurs compagnons.

Espiègle parfois, il avait trouvé des moyens forts efficaces, bien qu'il ne parle pas, de nous dire non, spécialement, si on l'aidait sans qu'il l'ai demandé ! Il commençait à vouloir, par lui-même, faire les choses de sa vie .

Il avait particulièrement "conquis" deux adultes de notre entourage. La maman d'une copine de ses soeurs qui disait si bien de lui :
"il est trop !" Oui, ...Alex, "il est trop !".
C'était vraiment SON amie. Elle avait pour lui un regard extraordinaire, un regard vrai. Dès qu'elle arrivait à la maison, il pressait son petit pas et souriait en se glissant dans ses bras. Il était si délicat de ... se laisser prendre par les bras d'Alex ! Il tapotait alors notre dos pour dire combien il nous appréciait.

Un autre grand ami d'Alex est un de nos amis plongeur. Alex savait alors obtenir de lui, n'importe quoi sur la table ! Il fallait alors le voir dodeliner de la tête pour dire: "Huummmm! c'est bon !"
Oui, Alex ! Huummmm, c'est bon la vie !

Mais la personne qui comptait énormément, et qui avait une place de choix dans son coeur, une place formidable ... c'est Maria. Elle avait une façon de l'aimer très délicate. Elle veillait toujours à ce qu'il n'ait pas froid aux pieds, qu'il n'ait pas soif, qu'il dorme suffisamment. Elle l'a aidé à manger de tout, à travailler ses exercices de motricité, de travail à la table chaque jour.
Il progressait tellement avec elle !

Comme disait une amie à qui je faisais part de mes question pressantes pour l'avenir d'Alex :
"-Alex ?...je sais quel métier il fera !...il sera philosophe !"
"-...!!!"
"-oui ! tu as déjà vu quelqu'un comme lui toi !...qui pose , sans parler, autant de questions existancielles ! (existant - ciel !!!)
"-Tu as vu comment il est capable d'encourager tous ses disciples à chercher des réponses originales, et à penser par eux-même !"

Alexandre nous disait tous les jours qu'il est essentiel de demander avec confiance l'aide d'autrui. Il nous disait que la vie s'écrit avec un grand coeur comme le sien.

On n'aidait pas Alex... C'est lui qui nous aidait.

Alex et sa soeur Delphine, qui l'attend déjà là-haut, nous ont appris tout ce que la vie a d'exceptionnel. Tout ce que nous, les biens-portants, nous ne voyons pas, ou plus.
La vie n'a pas de forme académique, ni de quotient intellectuel particulier, la Vie a un grand coeur qui tourne ses yeux confiants vers le prochain, pour mieux nous parler de Dieu. Un Dieu qui a pour Nom : AMOUR !"

info Alex

Si vous souhaitez avoir plus d'info sur Alex ...

ring14.blogspot.com

A bientôt !

le risque de la vie...la liberté

Alexandre s'en est allé, dans des conditions dramatiques, puisqu'il est mort à cause d'une crise d'épilepsie qu'il afait dans son bain alors que je m'étais absenté une minute de la salle de bain pour mettre de l'eau à chauffer pour les pâtes du repas des petits. 1 minute de trop.

Je vais devoir vivre avec cela.

Je suis déchirée par la brutalité de son départ, par le fait que j'ai une part de responsabilité dans sa mort, par le fait qu'il me manque affreusement.

Je veux dire à tous les proches de personnes épileptiques qu'ils prennent soin d'eux en trouvant toujours des solutions plus imaginatives pour leur permettre de vivre AVEC l'épilepsie. BIEN-SUR, il FAUT la plus grande sécurité possible. Et j'aurai voulu ne pas m'être laissé attendrir autant par le fait qu'Alex aimait barbotter dans le bain, j'aurais aimé avoir eu la force de lui apprendre qu'une douche chaude peut être aussi un plaisir formidable.Je me sens responsable de ce manque de clairvoyance.
Pourtant je sais qu'il faut aussi garder à l'esprit qu'il est intolérable pour nos proches épileptiques de vivre emprisonné dans la crainte des autres SUR eux.

Que notre expérience dramatique serve aux autres, est mon plus grand désir maintenant. Apprennez à vos enfants épileptiques à aimer la vie, et cette merveilleuse liberté qui la caractérise, aidez les à prendre soin d'eux en respectant les limites de leur handicap.
Et que la Vie Jaillisse de nouveau.

Il est dans la grande Vie...

Mes amis,

Alexandre a couru vers le Père, il nous a dépassé, et nous n'avons pu le suivre...

Je crois avec la petite Thérèse, qu'"on ne meurt pas, on entre dans la Vie", de plénitude celle là.

Face à la mort, je ne trouve que les mots de la vie, parce que pour Alexandre, mon fils que j'ai tant aimé avec toutes mes limites, je crois qu'il faut faire confiance. Je veux rester fidèle à ce qu'il a été, un petit garçon doux, determiné, et confiant.

Comme tous ces enfants et adultes handicapés, Alexandre avait une confiance infinie en moi, et en tous ceux qui le guidaient dans la vie avec Amour.

Que Dieu vous aide à accueillir cette nouvelle avec foi, une foi infinie en la Vie, soyez sûr que lui, de là où il est, vous soutient.

27 décembre 2006

des décimaux au système décimal

et voici un peu d'étymologie en renfort du vocabulaire ...

saviez vous que déca vient du grec et déci du latin ?

tous deux veulent dire "dix" !

Mais l'un 10 fois plus
... et l'autre 10 fois moins ! Posted by Picasa

26 décembre 2006

Voilà Mon Ange !

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Mon ptit coeur et les surfaces

Voici un matériel pour travailler sur les surfaces en géométrie que Mon ptit coeur travaille tout d'abord en sensoriel c'est à dire en découverte individuelle... et surtout sans discours !



Silence on travaille !
Plus tard ce matériel sert à trouver les équivalences entre les différentes défintions sur les surfaces...
par exemple..."Quel rapport y a t'il entre les surfaces d'un rectangle d'un triangle rectangle et d'un rhombe (losange) "

mais ça ce n'est pas encore du niveau de Mon ptit coeur...attendons que Mon trésor en soit là et je vous montre !

PS : Les photos ont été prises par Mon ptit coeur ! Posted by Picasa

aide fraternelle !

L'idée de Canaillou...



Le coup de main de ses soeurs !
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05 décembre 2006

Philosophe mon fils !

Une amie à qui je me confiais à propos de mes questions sur l'avenir de mon fils handicapé, m'a dit :

-"Ton fils est le plus grand philosophe que je connaisse !
Il te pose des questions sans parler,
te donne des leçons de vie sans discours pesants,
et est encore capable de sourire quand tu ne trouves pas de réponse...
comme pour dire essaye encore, j'ai infiniement confiance en toi !".

Vous voyez ! j'ai de la chance !

Voilà comment regarder un enfant, quel qu'il soit...comme un maître discret qui peut nous donner des leçons sur l'Homme.

Quelqu'un que j'aime bien a dit..."Si on ne redevient pas un petit enfant..."

04 décembre 2006

Humilité ?

Nous avons monté un groupe de parents qui s'investissent pour changer leur regard sur leur enfant et proposer une ambiance différente à la maison (Montessori bien-sûr !). Ces parents sont des parents spéciaux, comme moi, ils ont tous un enfant (ou plus !!!) porteur de handicap à la maison.

Ce qui m'émerveille chez eux : ils sont infiniment plus positifs que la plupart des gens qui ont des enfants "normaux" !
Ils sourient, vous parlent des réussites, et osent être vrais aussi dans les coup durs. A croire qu'ils ont quelquechose de plus parce qu'ils vivent avec les personnes qui semblent avoir quelquechose de moins. Ce petit rien qui vous fait vous poser mille questions. De ces questions qui finissent par vous empêcher de penser comme tout le monde !

Je ne suis pas une douce rêveuse...je viens de passer mon week-end à surveiller nuit et jour mon fils qui faisait crises d'épilepsie sur crise d'épilepsie, avec ses pauvres petites lèvres qui devenaient bleues, à cause du manque d'oxygène ! Et les questions qu'on se pose sur la répercution que vont avoir les crises, mais aussi les doses énormes de médicaments qu'il prend parfois !
Mais parce qu'il m'oblige à ouvrir tout grand les yeux pour voir la vérité en face, je finis toujours par grandir un peu !

Maria Montessori aussi a commencé comme ça ! J'imagine que ça a dû être un sacré choc, puis quelquechose qui l'a infiniement enrichie : vivre avec les plus humbles, physiquement humbles, mentalement humbles, socialement humbles.